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La première fois...

 

 

Qui ne se souvient pas de la première fois ! … Son premier 50 km, puis son premier 100 km, sa première sortie en groupe avec le club… Bref, à chaque fois, c’est une victoire, un sentiment de bonheur, quelque chose comme « Je ne croyais pas y arriver, et pourtant, je l’ai fait ! ». C’est sans doute cela qui nous motive pour continuer, pour essayer de dépasser nos propres limites et donc pour chercher à vivre d’autres premières fois !

En ce qui me concerne, cette première fois, je l’ai vécue cet automne, dans les Alpes.

Depuis le printemps, nous avions envisagé, Bernard et moi,  de partir passer une ou deux semaines dans les Alpes, au moment de la rentrée scolaire puisque cette année, ne faisant plus partie des cadres de l’Education Nationale, je n’avais plus à l’assurer ! Depuis cette époque, donc, nous avions cet objectif en point de mire. Je venais de reprendre le vélo, après un arrêt de quelques douze années et le projet, à vrai dire, m’inquiétait un peu : serai-je capable de cela ? Rien n’était moins sûr ! Les multiples sorties, chez nous en Périgord, les brevets, les journées de Fugue, (ou plutôt devrais-je dire la reconnaissance des circuits de Fugue), un petit séjour déjà, dans les Alpes, du côté de Grenoble, en mai, la SF à Saumur, quelques grimpettes de petits cols dans les Pyrénées en août… le menu de préparation fut copieux, mais il ne m’avait rassurée qu’à moitié ! Le programme, concocté par Bernard, me semblait quand même un peu présomptueux pour mes mollets de retraitée : la Cayolle, Allos, le Parpaillon, Restefond, La Bonette, Lautaret et Galibier, le col des Champs, bref que des trucs à plus de 2000 m et ô combien mythiques pour les cyclotouristes !

 

Dans l’ascension du col de Porte

(massif de la Chartreuse au-dessus de Grenoble)

 

 

Après, reste la partie la plus difficile.

C’est donc avec beaucoup d’appréhension que ce matin de septembre 2008, après un petit déjeuner copieux et digne des compétiteurs du Tour de France, nous nous sommes retrouvés dans la banlieue de Briançon et que nous avons enfourché nos fidèles vélocipèdes en direction d’abord du Lautaret, puis, but final, le haut du Galibier.

Après quelques jours un peu tristounets du côté de la météo, ce matin-là augurait d’une journée parfaite pour faire du vélo : ciel bleu, soleil resplendissant, fond de l’air frais, mais sans vent. Bref, tout était réuni, pour que cette première aventure soit mémorable… et elle le fut !

Des paysages somptueux, une montée régulière, pas trop pentue (enfin jusqu’au Lautaret), quasiment pas de circulation, et des jambes… qui tournaient toutes seules ! Le vrai bonheur quoi ! Et c’est ainsi que, sans franchement s’en rendre compte, nous parvînmes, sans encombre, jusqu’au sommet du Galibier. Petit arrêt, bien sûr, au mémorial Henri Desgrange, petite photo souvenir. Coup de fil aux collègues, qui, enfermés dans leur bureau, fondaient de chaleur : « Savez-vous où je suis ? »… Bref, et même si nous n’avions pas encore fait le plus dur, car en fait, dans le Galibier, ce sont les derniers kilomètres qui sont difficiles, et bien, le bonheur, le vrai, le pur, me submergeait déjà ! J’y étais arrivée, j’avais gravi un col mythique, un col culminant à 2645 m !

 

Enfin, nous y sommes !

Les jours suivants, c’est donc avec sérénité (enfin presque !) que je m’alignais au pied des autres cols ! Ils ne furent cependant pas tous aussi faciles : quelques passages de La Bonette ou du Col des Champs notamment mirent mon humeur à rude épreuve (dans ces cas là, Bernard part devant… et je rouspète toute seule !).

Voilà, cette première fois… sera, j’en suis sûre, suivie d’autres fois ! Monter un col, c’est fabuleux, par l’effort qu’il faut consentir bien sûr, mais aussi par la récompense, au bout ! Les jambes qui brûlent, le souffle qui, au fur et à mesure que l’on monte, devient un peu plus court, la sueur qui coule dans les yeux... On oublie vite tous ces désagréments, une fois en haut, ce sont les paysages qui coupent le souffle, et c’est cette impression de bonheur, de communion presque parfaite avec la nature qui restent ensuite dans les souvenirs.

 

Pour conclure, c’est un conseil que je donnerais à toutes et tous… N’ayez pas peur, osez prendre la route qui mène au sommet de ces cols merveilleux… et votre première fois sera inoubliable !

 

Eliane Lécuyer