Retour à      Souvenirs      Accueil

 

 

Rendez-vous à Cernay

Semaine Fédérale 2004

  

Cernay hésite entre la plaine d’Alsace et la montagne vosgienne. Vous y entrez par la plaine et ressortez par la montagne ou inversement. Ses habitants sont surnommés les « storka » qui signifie « cigogne » en alsacien. Les cigognes sont bien présentes puisqu’une quarantaine de couples de ces charmants volatiles y séjourne en permanence, considérant avec hauteur l’agitation inhabituelle qui règne en bas en cette première semaine d’août. Ces grandes voyageuses doivent s’inter-roger sur ces migrations quotidiennes qui voient partir chaque matin des milliers de cyclos de retour chaque soir.

Je suis logé par une sympathique famille de Leimbach, au calme, à 8 km de la permanence. C’est la maison du cheval. Ici, toute la famille monte. Décoration, photos, trophées, tout rappelle ici la passion des occupants. Un labrador nonchalant et un chat surpris de trouver un intrus dans la chambre de son petit maître montrent, s’il en était besoin, qu’ici on aime les animaux.

La délégation du CVP est réduite. La récente SF de Rouffach toute proche avait permis à beaucoup de découvrir la région. Alors nombreux sont ceux qui, compte-tenu de l’éloignement, n’ont pas fait le déplacement. On a ainsi déploré l’absence de Michel Monteix, pilier de la SF. Une Semaine Fédérale sans notre Michel, c’est comme un repas sans fromage, une crèche sans Jésus, et ce ne sont pas ses nombreuses admiratrices qui me diront le contraire. Il y a aussi les malchanceux tel  notre Gabonais normand de Norvège. Vous avez bien sûr reconnu Jean-Claude Lebresne indisponible à cause d’une vilaine crise de sciatique.

 

 

Dimanche 1er août

La randonnée d’ouverture nous propose d’abord un cheminement tranquille par la plaine puis à travers les vignobles. La route, souvent étroite serpente de village en village. Parfois elle se fait pentue au gré de petits raidillons courts mais sévères. A Wihr-au-Val, dans la vallée de Munster, il nous faut choisir. Pour Bernard Vigier et moi, ce sera le petit circuit avec pour plat de résistance le col de Firstplan et plus tard, en guise de dessert, le col de Bannstein. La route du Firstplan serpente dans la forêt. Il fait chaud et le coup de pédale n’est pas encore assuré. Un premier col n’est jamais facile. Il faut que les jambes s’adaptent à des braquets inhabituels. La fin de la montée, plus douce, n’offre pourtant guère de répit et au sommet le « ouf ! » est unanime. Plus loin, le seul restaurant de la vallée nous accueille pour le repas . La sympathique invasion surprend quelque peu et le service dépassé fait face avec le sourire. Le second col plus tranquille nous conduira vers Guebwiller et la  route du retour.

 

Lundi 2 août

Les circuits proposés vers Belfort n’étant pas assez accidentés à mon goût, je propose de s’échapper vers des reliefs plus pentus. Augustin qui vient d’arriver et Bernard Lécuyer sont partants. Bernard Vigier, souhaitant économiser son nouveau cadre décline l’invitation. Et nous voilà partis pour le col du Hundsrück. A Masevaux, au pied des premières pentes, Bernard nous suggère un petit détour par un col du côté de Sewen. Cela ne se refuse pas et nous voilà partis. La route s’élève dans la forêt. La chaleur rend la pédalée plus difficile. La pente est rude mais ce col au nom imprononçable est très agréable sur une route en cul de sac peu fréquentée. Courte pause au sommet au bout d’un dernier kilomètre étroit et sinueux et c’est la descente vers le Hundsrück.

 

Mardi 3 août

Mardi sera pour moi plus calme. Je laisse Augustin et Bernard Lécuyer se dégourdir les jambes (!) sur un grand parcours et j’accompagne l’autre Bernard dans la plaine d’Alsace. Journée tranquille : restaurant à midi et sieste digestive.

Mercredi 4 août

Le Grand Ballon nous attend et nous lui rendrons visite ce mercredi. Un peu d’humidité ce matin mais la journée sera belle comme les précédentes. Le col Amic est une étape intermédiaire qui ne nous offre aucun répit. Les deux ascensions s’enchaînent. La longue procession multicolore occupe presque toute la route et patiemment, mètre après mètre nous arrivons enfin au sommet. Un café bien chaud sera le bienvenu.  Bientôt nous voilà au Markstein où nous rencontrons Jean-Claude de Bortoli le temps d’un sandwich et d’une photo. Déjà la route des crêtes nous attire avec ses nombreux cols. Perpendiculaires à la ligne de crête, nous les abordons généralement en descente pour les quitter par une courte montée. Le panorama sur le massif vosgien est magnifique. Forêts, herbages, plans d’eau,  horizon bleuté. Cette route est un vrai régal. Nous atteignons le col de la Schlucht pour une pause restauration dans un établissement dont la décoration célèbre la moto. Bernard Lécuyer irait bien plus loin vers  les cols du Calvaire ou du Bonhomme. Bernard qui ne vient jamais aux semaines fédérales faire de la figuration n’est satisfait qu’au terme d’une journée de randonneur bien remplie. Une autre fois, Bernard, il est temps d’entamer le retour.

 

Jeudi 5 août

De l’autre côté de la plaine d’Alsace, la forêt Noire est à l’Allemagne ce que les Vosges sont à la France. Alors, ce jeudi, Bernard, Augustin et moi, toujours curieux de nouveaux sommets, prenons la route de Mülheim. C’est un retour aux sources pour Bernard qui a effectué ici son service militaire. La caserne est toujours là, abritant maintenant un régiment franco-allemand. Bernard quémande en vain un peu d’eau auprès du soldat de garde. Le respect des anciens n’est plus ce qu’il était. Nous remplirons nos bidons plus loin.

La route qui conduit au pied du col est barrée, nous obligeant à des détours. Mais c’est une course cycliste ! Nous voilà bientôt obligés d’emprunter la route interdite, la partageant quelques instants avec les coureurs du Reggio-Tour s’échauffant avant un contre la montre. Le maigre public nous associe dans ses encouragements.

Le col démarre sèchement dans un virage à la sortie du dernier village. Elle serpente dans la forêt où jadis Bernard jouait au petit soldat. Moi, c’était plus loin, du côté de Donau que j’usais treillis et rangers. Vers le milieu du col, un faux-plat bienvenu nous permet de souffler un peu avant d’entamer les derniers kilomètres interminables. Au sommet, un superbe point de vue sur le massif nous récompense. Au loin, l’horizon nous invite à de nouvelles découvertes. Bernard nous évoque un circuit impossible pour aujourd’hui. Demi-tour. La descente n’est qu’une agréable formalité. De retour dans la vallée, nous apprécions une bière, une vraie, à l’allemande, dans une grande chope. Quand nous regagnons Mülheim, la course est finie.

 

Vendredi 6 août

Aujourd’hui, relâche. Le temps est menaçant. Avec Bernard Vigier, nous ne roulerons que le matin pour consacrer l’après-midi à la visite de Colmar laissant Augustin et l’autre Bernard aller se mouiller sur les pentes du Ballon d’Alsace.

 

Samedi 7 août

Pour moi, il est temps de retourner en Périgord. Augustin rentre avec moi et Bernard Vigier nous imite. Bernard Lécuyer ne boudera pas cette dernière journée et partira sur de nouvelles routes vers le sud, aux portes du Jura. Si je ne l’avais pas revu depuis, je pourrais penser qu’il roule encore.

                                                                                                                                                        

Gérard Simon   

 

Retour à      Souvenirs      Accueil