Retour à      Souvenirs      Accueil

 

Semaine Fédérale 2006

Châteauroux

 

 

 

Pour beaucoup, Châteauroux est une ville ordinaire du centre de la France au cœur d’une région agricole et plate, sans grand intérêt. Pour nous, Périgourdins, elle est aussi un jalon sur la route de Paris. Y organiser une Semaine fédérale était un défi. Après les dernières éditions (Oloron, Cernay, Aurillac…) proposées dans des cadres grandioses, avant notre touristique Périgord, Châteauroux faisait au départ pâle figure. Nombre de cyclotouristes avaient préféré faire l’impasse, attendant patiemment 2007. Malgré cela, nous étions près de 10 000 présents (dont une vingtaine du CVP) pour découvrir cette région qui, sur le papier des guides touristiques, n’occupe qu’une place réduite.

 

Installation

Dans ma (déjà) longue vie de cyclotouriste, il m’est arrivé de dormir dans des endroits inattendus mais jamais dans une ancienne chapelle. On a conservé les murs extérieurs et aménagé à l’intérieur des chambres d’étudiants spacieuses et parfaitement équipées. Jean-Paul Bougnon occupe la chambre voisine, Augustin, celle du dessus et la famille Guermonprez au grand complet a investi la plus grande chambre au bout du couloir. Ce samedi après-midi, nous prenons nos marques entre notre hébergement et la permanence toute proche où nous retrouvons d’autres Cévépistes au stand du Cosfic 2007 en pleine ébullition.

 

 

Dimanche 30 juillet

En guise de prélude à cette 68e Semaine fédérale, c’est la petite ville de La Châtre qui nous accueille au sud-est de Châteauroux. Nous, c’est Augustin, Jean-Paul Bougnon et moi. Nous ferons équipe tout au long de la semaine. Jolis villages au cœur d’un paysage varié où champs, herbages, haies, troupeaux et cultures agrémentent le parcours. Collines et vallées éprouvent nos jambes et nous voilà bientôt au point culminant de la région (504m). A l’heure du repas, le point d’accueil de Boussac nous invite à descendre de vélo pour une pause réparatrice dans une ambiance animée, chaleureuse et colorée. A la sortie de Boussac, il nous est offert d’admirer le château (XIIe et XVe siècles) surplombant la Petite Creuse. Quelques gouttes viendront contrarier l’après-midi et finalement, nous écourterons le circuit délaissant Aigurande pour rentrer directement par une départementale peu fréquentée.

La journée se termine à la cérémonie d’ouverture. Saluons les jeunes du Trait d’Union qui arrivent d’Oloron-Sainte-Marie. Sur la pelouse du stade, parmi des centaines de cyclos, nous écoutons d’une oreille distraite mais patiente les discours des officiels. Les petites interventions font les longs discours. Bla, bla, bla, merci d’être venus, bla, bla, bla, l’Indre est un beau département, bla, bla, bla, je serai bref, bla, bla, bla, vous êtes formidables, bla, bla, bla, j’adore le vélo, bla, bla, bla, soyez prudents, bla, bla, bla… Et c’est enfin un grand mouvement de foule vers le vin d’honneur.

 

Lundi 31 juillet

Lundi sera à l’image de cette SF. Des routes sans grand relief, ondulant au milieu des champs avec parfois du vent et, il faut bien le dire un peu ennuyeuses. Mais aussi des occasions de s’émerveiller. Aujourd’hui, ce sera d’abord Levroux et sa superbe porte fortifiée de Champagne, puis le château de Bouges qui rappelle le petit Trianon et enfin Valençay, chez « le diable boiteux », l’un des plus redoutables diplomates et hommes politiques de l’Histoire de France. Nous sommes chez le célèbre Talleyrand. Alors, arrêtons-nous un long moment pour une visite approfondie du château de style Renaissance, des cuisines en sous-sol aux salons. Flânons un peu dans les jardins avant de repartir.

 

Bouges-le-Château

Valençay

Encore trois heures de route. Est-ce l’ennui ? Mais quand un groupe plus rapide vient à nous doubler, nous prenons les roues et nous joignons à une belle partie de manivelles. Certes, c’est franchement cyclosportif et plus du tout cyclotouriste mais comme il n’y a rien à voir par ici... J’avoue bien aimer ces folles pédalées dont il faut cependant savoir user avec modération.

 

Encore trois heures de route. Est-ce l’ennui ? Mais quand un groupe plus rapide vient à nous doubler, nous prenons les roues et nous joignons à une belle partie de manivelles. Certes, c’est franchement cyclosportif et plus du tout cyclotouriste mais comme il n’y a rien à voir par ici... J’avoue bien aimer ces folles pédalées dont il faut cependant savoir user avec modération.

Mardi 1er août

Aujourd’hui, Augustin, retenu par ses obligations de vice-président du Cosfic 2007, ne roule pas. C’est la Brenne et ses étangs qui nous invitent à la découverte. Mais les étangs se cachent ou peut-être bien que nous n’avons pas pris le bon circuit pour mieux les découvrir. On n’en apprécie que davantage le magnifique site de Saint-Gaultier avec son église dominant la Creuse. Comme beaucoup de cyclos émerveillés, nous nous attardons sur le pont. A l’heure du repas, c’est le grand désert. Le petit village de Migné, isolé en pleine campagne semble abandonné. Finalement c’est du côté de Vandoeuvres que nous trouverons de quoi nous restaurer et nous avalerons à la hâte notre modeste pique-nique assis sur les marches de la boulangerie qui, dévalisée par la horde pédalante et affamée, vient de fermer.

St Gaultier

Mercredi 2 août

Ce matin, il est encore tôt et, Augustin et moi, nous avons décidé de nous avancer en voiture pour nous éviter une longue et fastidieuse approche du val de Creuse. Jean-Paul, pas très motivé par le programme de ce mercredi a décliné l’invitation. Sur le parking qui nous accueille, les vélos sont prêts quand Augustin s’aperçoit qu’il a oublié quelques bricoles (juste son sac de guidon, son casque et son bidon). Et nous sommes à Tendu, à une vingtaine de kilomètres de Châteauroux. Mais comme nous ne sommes pas attendus, nous rechargeons les vélos et repartons à Châteauroux. Mais ces oublis, c’est un peu de ma faute. La météo n’étant pas optimiste, au moment de partir, j’avais suggéré à Augustin de prendre quelques vêtements de rechange qu’il nous serait bien agréable de trouver à notre retour à la voiture en cas de pluie. Il avait donc posé là, dans l’entrée, son équipement et couru chercher quelques effets, oubliant en redescendant les précieux accessoires.

Le circuit du jour est riche de relief et de sites à découvrir. Nous apprécions tout d’abord ce curieux pont couvert du XIXe siècle, unique en France. Outre sa fonction de franchissement d’une Bouzanne dangereuse en hautes eaux, il abritait pour les repas les ouvriers qui creusaient le tunnel de chemin de fer voisin. Peu après, au détour d’un virage, un château se dresse fièrement face à nous.

Quelques kilomètres plus loin, nous voilà à Argenton. Une halte sur le pont s’impose avant de regagner le point d’accueil. Et qui voit-on apparaître dans la grande salle ou nous restaurons ? Jean-Paul qui s’est enfin décidé et arrive de Châteauroux à vélo. Il est en forme et plus loin, dans sa roue, le col du Pilori n’est qu’une formalité. Admirons maintenant le point de vue sur la Creuse un peu avant le hameau du Pin et bientôt le joli petit village de Gargilesse, blotti autour de son château. Village d’artistes dans un cadre exceptionnel où l’on croise aussi le souvenir de George Sand. Et de sommet en vallée, nous retrouverons plus tard Argenton et enfin Tendu. Dans la dernière montée, Augustin s’échappe. Je reviens à sa hauteur : « Je pensais que tu nous aurais attendus en arrivant à Tendu ! » La pluie arrive, il était temps.

Argenton-sur-Creuse

 

Jeudi 3 août

Le jeudi, c’est une tradition, est jour de pique-nique à la SF. Aujourd’hui c’est le village de Saint-Valentin qui accueille les amoureux de la petite reine. A l’heure où nous y passons, on en est encore aux préparatifs. Les traiteurs s’installent et nous repartons déjà. L’après-midi, ce sera repos, un petit tour à la permanence où nous rencontrons Bernard Lécuyer venu en famille pour la journée.

 

Vendredi 4 août

Alors que beaucoup de clubs roulent toujours en groupe, nous, c’est plutôt en ordre très dispersé que l’on nous rencontre sur les circuits. Il n’y a qu’à table que l’on arrive à se regrouper. Et ce sera le cas ce soir. De là à dire que notre coup de fourchette est meilleur que notre coup de pédale…

On se donne rendez-vous pour le lendemain matin. Ce serait sympa de rouler un peu ensemble. Nous sommes presque une dizaine au départ, mais dès le premier carrefour, nous voilà définitivement séparés. Je roule un moment avec les inséparables Michel Monteix et Jean-Claude Lebresne. Michel constate, désabusé : « Je roule à 20 et ils me doublent ! » Plus loin, je retrouve Jean-Paul et Augustin. Hormis une lanterne des morts vers Saint-Genou et le village de Palluau, le circuit du jour à la découverte du val de l’Indre n’est pas très attrayant. Augustin nous quitte à Châtillon pour un retour direct et rapide car une réunion l’attend pour apprendre en arrivant que la dite réunion a été annulée. Reste Zen, Augustin !

Le soir, à la permanence, on me rapporte ce qui fut le seul fait marquant de la journée : le drame qui coûta la vie à une guêpe au point d’accueil de Buzançais. La malheureuse, sans doute attirée par la confiture que l’on servait en abondance, voletait tranquillement avec des amies quand elle heurta malencontreusement la langue de Michel Monteix. Mauvais réflexe instinctif : elle piqua. Elle était prête à s’excuser quand elle fut sans ménagement projetée au sol et écrasée par un pied rageur sous les yeux impuissants de ses compagnes. On prit rapidement en charge notre ami Michel. Les responsables du lieu accoururent. On envisagea un moment d’alerter le ministère de la santé ou l’Elysée. On consulta le SAMU et Michel fut immédiatement conduit chez le médecin le plus proche où il fut soigné en priorité, passant avant plusieurs nourrissons fiévreux et quelques vieillards rhumatisants. Puis, quand tout le monde fut rassuré, il reprit paisiblement sa randonnée, sous la surveillance attentive de son ami Jean-Claude. Quand à la guêpe, nul ne se soucia de lui offrir une sépulture décente.

 

Samedi 5 août

Déjà ! Cap au sud-est vers les reliefs du Sud Boischaut. Fièrement juchés sur leurs collines, les châteaux de Lys-Saint-Georges et de Sarzay nous invitent à la pause. Les vallonnements se succèdent. Il faut jouer du dérailleur. « Un vrai concours de grimaces », lance un cyclo arrêté au sommet d’une côte un peu plus raide. Enfin, voici Nohant avec sa petite église et tout à côté, la demeure de George Sand. La quiétude habituelle du village est troublée par l’invasion pacifique de la troupe bariolée. Beaucoup passent sans un regard. D’autres dont nous sommes, s’attardent volontiers en ce lieu qui fut autrefois fréquenté par de nombreuses célébrités des lettres et des arts du XIXe siècle. Nous visitons le passionnant musée consacré aux marionnettes de Maurice Sand, fils de l’écrivain, et nous ne repartirons pas sans passer quelques instants dans le parc et le petit cimetière où reposent « la bonne dame de Nohant » et ses proches.

Sur le chemin du retour, le moulin de… Moulin-d’Angibault nous retient un long moment. Plus loin, des cris et de grands gestes nous alertent. Caroline et Jean-Louis Rougier, venus pour la journée, nous appellent. Augustin qui a filé en sera quitte pour un demi-tour et quelques kilomètres supplémentaires. Dernier arrêt au point d’accueil d’Ardentes, dernière bière et derniers coups de pédales alertes dans la forêt domaniale de Châteauroux.

Nohant

Sarzay

 

Dimanche 6 août

La semaine fédérale est terminée.

Presque ! Reste le défilé de clôture au cours duquel Josette et Hubert Prévost en costume traditionnel auront un franc succès. La remorque que tracte courageusement Hubert toute à la gloire de la gastronomie du Périgord est une invitation. Car nous y voilà. Le témoin (ou plutôt la rame) a été transmis. L’an prochain, c’est au tour du Périgord d’accueillir les cyclotouristes et, si l’on en croit les bruits qui courent, ils seront nombreux.

 

 

 

 

 

 

 

Un sandwich avalé à la hâte et c’est le retour vers Périgueux. Je garderai de ces quelques jours d’excellents souvenirs. Certes, il y eut ces routes ventées et sans relief mais aussi et surtout de nombreuses découvertes et rencontres, des sites souvent inattendus qui nous m’ont ravi et ces longues pédalées qui me ramenaient au port à peine fatigué mais pleinement satisfait. J’ai découvert une région qui a sans aucun doute plus de richesses que ce qu’on veut bien lui accorder.Au revoir Châteauroux . Vous avez réussi votre Semaine fédérale.

                                                                                                           Gérard Simon

 

Retour à      Souvenirs      Accueil