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Michel Monzie

Une vie de cyclotourisme

 

En 2010 aura lieu la randonnée organisée par le CVP Fugue en Périgord, aussi appelée Randonnée "Michel Monzie"… Beaucoup l'ont connu, d'autres un peu moins.

Il est décédé le 20 février 2005 en rentrant de la première sortie vélo de l'année du CVP, presque arrivé à la maison. Ce fut un grand choc pour nous, sa famille, mais aussi pour tous ses amis. En effet, il n'était âgé que de 63 ans, était en bonne condition physique car il faisait plutôt attention à sa santé !

A l'approche de Fugue en Périgord, j'avais envie, moi sa fille, de raconter un peu qui il était. Mon père est né le 1er septembre 1941 à Nojals-et-Clottes, dans le canton de Beaumont-du-Périgord au sud de la Dordogne ! Dordogne qu'il aimait tant ! Aîné d'une famille d'agriculteurs de quatre enfants, il a eu une enfance plutôt simple mais heureuse. Bon élève, il poursuit ses études à Bergerac !

Pour le féliciter d'avoir obtenu son brevet, ses parents souhaitent lui offrir une mobylette… Mais, non, lui, il préfère un vélo !!! C'est le début d'une longue histoire d'amour entre lui et la bicyclette… Un peu plus tard, au mois d'août, une fois la moisson finie, ils décident, avec son père, un peu sur un coup de tête de partir à vélo à Lourdes dans les Pyrénées. Il a alors 16 ou 17 ans… Le virus du vélo est bien là et il ne le quittera plus. Ils font le voyage en 3 jours (un jour aller, un jour sur place et un jour pour le retour), parcourant ainsi les quelques 250 km les séparant de Lourdes. Mon grand-père a un vieux vélo sans vitesses, une petite valise accrochée sur le porte-bagages. Papa refera quelque temps plus tard le même voyage avec un de ses amis, André Cibert. C'est aussi un amateur de football, il joue dans l'équipe de Sainte-Sabine, mais des problèmes de hanches l'empêcheront de continuer.

Au moment de rentrer dans la vie active, il hésite, il est tenté un temps de s'expatrier au Canada… Finalement, on lui offre l'opportunité d'enseigner et il choisit cette voie-là dans l'enseignement catholique. Il débute sa carrière à la Roche-Chalais, à l'institution Jeanne-d'Arc ! C'est là qu'il rencontre Bernadette, alors, elle-même surveillante dans l'établisse-ment.! Ils se marient le 30 juin 1969. Pendant ce temps-là, le vélo est un peu laissé de côté. Ils partent ensuite en Lot-et-Garonne à Casseneuil et Sainte-Livrade. En 1970, naît Christophe.

 

Depuis petit, il a des problèmes de hanches, on découvre qu'il a une luxation congénitale de la hanche. Il se fait opérer en janvier 1972 et reste quelques mois immobilisé. Retour en Dordogne où il reprend le travail à Périgueux pour la rentrée 72 à l'école Saint-Jean. J'arrive en 1973. Le vélo revient… D'abord pour se rééduquer puis par amour de la bicyclette ! Il sort seul ou avec quelques collègues et amis de façon assez irrégulière. Il part ensuite travailler à Saint-Joseph où il restera jusqu'à la retraite. Il y enseignait le Français et parfois l'Histoire-Géo au collège (surtout en 6ème et 5ème). En 1977, arrive Agnès. Dans les années 80-85, il sort aussi avec ses enfants, organise parfois des sorties pour les jeunes du quartier ! Bien plus tard, il continuera d'organiser des petits voyages à vélo pour ses élèves !

 

 

Dans le même temps, ma tante Blandine adhère au CVP et nous fait connaître le club. On y adhère en 1987, Papa, Christophe et moi. Agnès prendra aussi une licence quelques années plus tard !

Très vite, il s'implique dans la vie du club en rentrant dans le bureau en 1989, il y restera jusqu'à la fin. En 1990, il devient secrétaire du club et vice-président en 1992. Il n'aimait pas trop se mettre en avant, préférant travailler dans l'ombre que dans la lumière. Il ne voulut jamais être président, ne se sentant pas à la hauteur, alors que plusieurs d'entre nous l'y auraient bien vu !!! A partir de 1995, il prend en charge la rédaction du "Rayons du Vélocio". Il s'investit aussi beaucoup dans la préparation de "Fugue en Périgord".

Première saison : article paru dans la Dordogne Libre

 

1987, première licence

Il s'investit aussi au niveau de la ligue dès 2000, travaillant tout un temps à la tête de la commission Sécurité, puis fin 2004, il est très heureux d'être nommé à la commission Tourisme, malheureusement il n'aura pas le temps d'y travailler… En 2004, il a d'ailleurs reçu le "Mérite du Cyclotourisme" pour "services rendus au cyclotourisme et à la Fédération". Il a aussi fait la formation d'Initiateur Fédéral et obtenu son diplôme en 2002.

Il apprécie les sorties club du dimanche, mais très vite, il prend aussi goût aux sorties extérieures : brevets organisés par les clubs de Périgueux, randonnées dans le département, puis à la ligue... Il s'implique aussi fortement dans les "Pâques en Périgord". En 1990, je fais mon premier VI (Voyage Itinérant) des jeunes de la ligue Aquitaine, Hagetmau - Mazères -  Hagetmau qui comprend au milieu la Semaine fédérale que je découvre à Mazères-sur-Salat.! L'année d'après, j'entraîne toute la famille à la SF du Puy-en-Velay…

C'était le début d'une longue série : Le Puy (1991), Rouffach (1992), Mer-sur-Loire (1994) où il fit la connaissance d'un certain Bob Montaulard, Cholet (1996), Albertville (1997), Rennes (1999), Bourg-en-Bresse (2000) et la dernière à Aurillac en 2003 qui fut aussi la première de mon mari Didier ! C'était souvent l'occasion de vacances en famille… Parfois mouvementées du temps des Cro-Mignonnes (Maryline Roux, Agnès et Isabelle Monzie) mais aussi l'occasion de se retrouver, alors que les études nous avaient éloignées du nid familial.

 

 

En 1991, pour ses 50 ans, il se rase la barbe…

Le CVP à la Semaine fédérale du Puy (1991)

 

 

A la Semaine fédérale de Mer (1994)

Avec Augustin Viaud et Bernard Vigier

 

Bien sûr, il a aussi travaillé pour celle de Périgueux… Il était actif encore quelques jours avant son décès. Une partie des circuits proposés étaient ceux qu'il avait imaginés : je ne pense pas avoir été la seule à qui il a beaucoup manqué durant la SF de Périgueux…

Il a aussi participé à des grandes randonnées telles que les BCMF (Colmar 1992, Feurs 1996, Limoux 1997, Lons-le-Saunier 2002, Manosque 2003), quelques Pâques en Quercy … Le brevet des 4 vents en 2001 avec Augustin Viaud fut passablement arrosé… Personnellement, je me souviendrai longtemps de "Flirt avec l'Adour", une randonnée nous faisant remonter la rivière de l'océan à Bayonne, jusqu'à la source à Ste-Marie-de-Campan, ma première grande distance (310 km en 2 jours). Sans lui, je n'y serais jamais arrivée.

Il est à l'origine des week-ends de l'Ascension depuis 1997. Il a aussi beaucoup apprécié de faire des voyages itinérants : son premier en 1993 "Au fil de la Charente" avec Gérard Simon et Jacques et Lydia Fontès lui en a donné le goût…

 

BCMF de Limoux (1997)

avec Augustin au col de Pailhères

 

Week-end de l’Ascension 2002 – col du Soulor

Au fil de la Charente

 

Son grand rêve était de faire un jour le Tour de France Cyclotouriste, comme Guy et Gérard en leur temps !

J'oublie sûrement beaucoup de belles balades dont il aurait aimé parler…

C'est aussi grâce au club et au vélo qu'il a retrouvé son cousin Claude Coste, toujours ami du club ! Ce dernier participe à un tour d'Europe à vélo en 1989 pour la "Ligue contre le Cancer", le CVP est venu à leur rencontre pour faire une partie du circuit avec eux, par hasard, en discutant, ils se rendent compte qu'ils sont cousins… Ils étaient très heureux de cette rencontre et avaient plaisir à se retrouver lors des week-ends de l'Ascension.

 

Zone de Texte:  15 août 1996 à Saint-Geyrac

La journée du 15 août, puis plus tard du 14 juillet à Saint-Geyrac (berceau de ma famille maternelle), était à la base aussi une de ses initiatives… Maintenant, cette journée, devenue la "Fête de la randonnée à Saint-Geyrac", permet aussi de lui rendre encore hommage, car c'est là qu'il repose en sa dernière demeure.

Lorsque nous nous sommes mariés en 2004 à Saint-Geyrac, juste 6 mois avant son départ, Papa fut très heureux de la présence de nombreux amis du club !

 

Après notre mariage, nous sommes partis nous installer en Belgique… Papa m'a aidée, comme toujours, dans mes déménagements et en revenant de Belgique, il en avait profité pour passer par Argent-sur-Sauldre (en Sologne, dans le Cher), chez le constructeur DURET et il avait passé commande d'un superbe vélo… Il était parti le chercher début février 2005… Et c'est sur ce nouveau destrier que son cœur s'est arrêté de battre le soir du 20 février 2005.

 

9 août 2004 - Mariage Isabelle et Didier - avec les cyclos

20 février 2005

Nouveau vélo et dernière randonnée

 

Pour conclure, je pourrais dire qu'il était très fier d'avoir réussi à convaincre des collègues et amis, amateurs de vélo de venir au CVP ! Je pense notamment à Augustin Viaud, avec qui il avait aimé travailler à St-Jo et avec qui il a adoré rouler et travailler au CVP… Ils étaient comme deux frères…

Je peux dire sans me tromper que le CVP était sa deuxième famille. Il y a consacré beaucoup de son temps et il en a retiré beaucoup de satisfaction. Je crois qu'il était très apprécié car il prenait toujours du temps pour écouter les autres, s'intéressait aux nouveaux, les encourageant dans leur premières sorties. Il faisait son travail au bureau avec passion et sérieux, on pouvait compter sur lui. Je pense que c'est pour toutes ces raisons que le Club a voulu lui rendre hommage en baptisant Fugue "Randonnée Michel Monzie". Pour nous sa famille, c'est une très belle reconnaissance qui nous fait chaud au cœur.

 

Isabelle Monzie-Borremans avec l'aide de sa mère, Bernadette Monzie

(Un grand merci aussi à Gérard Simon)

 

 

 

 

Pour écrire cet article, je me suis beaucoup aidée de deux classeurs qu'il avait faits fin 2004 : l'un retraçant sa vie au club, où il avait rassemblé, par année, ses licences, articles de journaux, compte rendu d'AG, cartes de brevets, etc. et l'autre rassemblant des photos depuis 1987.

 

Les albums de Michel

 

 

 

Quand il ne pédalait pas, il aimait consacrer du temps à l’écriture. Parfois, à l’occasion d’une Assemblée générale, il ne résistait pas au plaisir de nous lire quelques lignes de sa plume. En voici un exemple (Texte écrit à l'occasion de l'Assemblée Générale 1991 lors de la dernière mandature de Guy Deschamps en tant que Président).

Etre cévépiste

 

Etre cévépiste, heureuse destinée

Soit bénie la chance que la vie t'a donnée

Nous avons tous choisi un pays merveilleux

Pour donner libre cours, sous la voûte des cieux,

A de belles balades ou longues randonnées

Promenades marquées du sceau de l'amitié.

 

Être cévépiste, c'est une vraie passion

Qui nous regroupe tous autour de Vélocio

Notre ancêtre commun qui, comme Cro-Magnon,

Est une référence pour honnête cyclo.

Notre guide, notre père, c'est notre Président

Celui qui veille à tout, j'ai nommé Guy Deschamps.

 

Être cévépiste, c'est aimer la nature

Nos beaux paysages et nos routes variées

Où pédalent gaiement au gré de leurs braquets

Les garçons et les filles amoureux d'aventure

Les petits et les grands, les jeunes et les vieux

Ivres de grand air, détendus et heureux.

 

Etre Cévépiste, c'est être gastronome

Plaisir de la route inné au cœur de l'homme

Si vous voulez savoir quel est notre menu

Alors préparez vous et prenez le guidon.

Pour aiguiser votre appétit avec modération

Sortez de Périgueux par un côté pentu,

Par Campniac, par Atur ou par la Rampinsole.

Quittez au plus vite les routes nationales

Pour rejoindre bientôt le chemin vicinal

Qui pour le randonneur est la meilleure école.

 

Etre cévépiste, c'est aimer tous les arts

Et si sur votre engin vous roulez au hasard

Des routes périgordes vous ferez connaissance

De cyclos chevauchant des squelettes racés

Qui roulent à côté, en bonne intelligence,

De paisibles routiers bardés de surbaissés,

Mais cela n'exclut pas les vives discussions

Qui mettent du piment à la conversation.

Et ainsi l'on peut voir bien calé sur sa selle

Michel de Montignac taquiner Isabelle,

Jacques et Lydia Fontès, montés sur leur tandem

Deviser gentiment avec les Bourgun.

 

 

 

 

Pendant ce temps, Philippe raconte à Gérard

Sa dernière virée passant par Villamblard.

Deux virages plus loin Jean-Luc et Nathalie

En racontent une bonne à Christophe Monzie.

Mais voici une côte, les gambettes frétillent.

Déjà Bernard s'envole, fluide comme une anguille.

Dans son style puissant, sur son quarante treize,

Daniel en fait autant, mais un peu moins à l'aise.

Le reste de la troupe, suant, soufflant, râlant

Mouline carrément, question de passer le temps !

Et puis lorsqu'au sommet de la côte on s'arrête

C'est le moment choisi, de façon fort discrète,

Par nos deux-haut-parleurs pour donner de la voix

Ce qui, normalement, nous met le cœur en joie !

Enfin je m'en voudrais de passer sous silence

Après avoir parlé de ces réjouissances

Le rite nécessaire qu'est l'arrêt au bistrot

Où nous fait rigoler l'ami Jacques Rouchaud.

 

Alors lorsqu'arrive la fin d'une saison

Tu te prends à rêver des futures virées

Et déjà t'entrevois en imagination

Vers où te conduira ton futur calendrier.

Mais hélas que sera notre saison nouvelle

A l'idée du départ de notre président ?

Depuis que nous savons cette triste nouvelle

Dur de ne pas céder au découragement !

Puisque c'est bien pour toi, nous sommes réjouis

De te voir, mon cher Guy, filer vers le midi.

Mais peut-on d'autre part taire notre chagrin

Car malgré tes regrets, tu nous laisses orphelins !

Alors abandonnons toute mélancolie

Pour conclure en un mot et en toute amitié

Nous voudrions honorer tout ce que tu as fait

Pour ton club préféré et te dire MERCI.

 

                                                       Michel Monzie